24. Recherches et écrits
Gál était — et reste probablement aujourd’hui — mieux connu comme chercheur et écrivain que par sa musique. Au fil des années, ses livres lui valurent une large reconnaissance et un grand succès. Tous présentent un trait qui fait une part essentielle de leur attrait et de leur valeur : ils naissent d’une fréquentation de toute une vie de la musique des grands compositeurs, d’une connaissance profonde de leurs œuvres, mais aussi du regard personnel de quelqu’un qui connaît de l’intérieur les secrets du processus créateur. Ses écrits ne se bornent donc pas à exposer les « faits » ou les circonstances extérieures : ils vont sous la surface, souvent de façon peu conventionnelle.
Au début des années soixante, Gál consacra des monographies à Brahms (1961) et à Wagner (1963). Loin de pesants volumes d’érudition — il détestait les recherches en bibliothèque où l’on « avale de la poussière » —, ces livres procèdent d’une connaissance intime des œuvres. Ami et proche collaborateur de Mandyczewski, coéditeur de l’intégrale de Brahms, Gál entretenait avec ce dernier une affinité profonde qui lui permettait de pénétrer sa musique comme sa personnalité. Avec Wagner, il chercha une voie médiane entre la grandeur de la musique et la monstruosité de l’idéologie. La grande valeur de ces deux livres tient au regard du musicien praticien, plutôt que du seul savant. Dans les années soixante-dix suivirent deux autres monographies, sur Schubert (1970) et Verdi (1975). La première est imprégnée d’un profond amour pour Schubert ; dans la seconde, l’expérience de Gál comme compositeur d’opéra reconnu contribue sans doute à sa compréhension des aspects dramatiques et littéraires aussi bien que musicaux de Verdi.
Outre ces monographies, Gál publia The Musician’s World: Great Composers in their Letters [Le Monde du musicien : les grands compositeurs à travers leurs lettres] (1965), un autre recueil de lettres de Brahms (1979) et un guide des œuvres orchestrales de Schumann (1979).
